Le quartier de Phanar (Fener)

5/24/2019
Fener (Phanar), est un quartier historique situé de part et d'autre de l'axe Unkapani-Eyüp et limité d'un côté par Cibali de l'autre le Balat, au sud de la Corne d'Or. Les accès par la muraille qui jouxte Fener se font à travers Aya Kapisi, Fener Kapisi et Balat Kapisi.

Rum veut dire Romain. Le nom "rum" indiquait aux XIIe et XIIIe siècles le territoire et les populations de l'Asie Mineure. Mais après le XIVe siècle, on commença à utiliser le mot "rum" pour désigner seulement la population grecque orthodoxe et turque chrétienne orthodoxe de l'Etat ottoman. C'est encore le cas de nos jours dans l'Etat turc.

Après la conquête de Constantinople par les Ottomans, le Sultan Mehmet II encouragea l'installation des Rum (Grecs) à Istanbul, venus d'Asie Mineure et de Thrace et qui donnèrent les noms de leurs propres domaines aux endroits où ils firent souche dans la ville. De même, les familles aristocratiques de Byzance ayant émigré dans les îles de la mer Egée, dans le Péloponèse et autres régions de l'Europe du Sud, furent autorisées à revenir s'installer à Istanbul. Yennadios Solarius (Genedos) fut élu Patriarche de cette communauté et l'Eglise Orthodoxe, qui avait auparavant subi l'invasion des latins, fut sauvée et renforcée.

En 1603 le Patriarcat s'installe définitivement à Fener où environ 3% des habitants sont les descendants des plus nobles familles de l'ancien Empire Byzantin. Ce sont des Grecs aristocrates de Morée, Thassos, Samatros et Izmir que les Européens (Génois surtout) appellent les "Phanariotes". En effet le nom de Phanar (Fener) date de l'époque byzantine, lorsqu'un seul phare indiquant ce port de la Corne d'Or se trouvait sur une petite tour de la muraille.

Les Sultans ottomans désignèrent comme gouverneurs des territoires acquis (Moldavie, Valaquie), des Phanariotes d'origine byzantine. Ces derniers sont ensuite remplacés par les Juifs et les Arméniens comme interprètes officiels de l'Etat. Parmi eux beaucoup de personnalités comme Mavrocordato ou Spatharis qui obtinrent des grades supérieurs auprès du gouvernement de l'Empire.

Les demeures seigneuriales laissées par les ambassadeurs des pays étrangers sont occupées par cette nouvelle société grecque. Le Grand Patriarche de Jérusalem et le Grand Saint du Sinaï avaient aussi leur siège à Fener.

sculpture devant l'école grecque
petit garçon du Fener
ancien palais princier

De nos jours, la population du quartier est d'origine rurale et très modeste, les anciens habitants ont préféré des quartiers plus modernes à l'extérieur des remparts. De vrais villages se sont reconstitués au Fener et dans les quartiers voisins donnant une touche joyeuse et colorée à la Corne d'Or. Ces populations - qui ne furent pas toujours bien acceptées par les Stambouliotes de souche - donnent une diversité supplémentaire à la ville.

Le paysage du Fener est marqué par l'immense lycée grec (romain) qui domine tout le quartier, notamment les maisons en pierre, dont celle du prince Cantemir. Un peu partout on y trouve des églises grecques et arméniennes, dont certaines remontent a l'époque byzantine (Ste-Marie-des-Mongols, Saint Dimitri-Canabée) ainsi que les églises St-Stéphane des Bulgares et St-Georges de Jérusalem. Quelques tronçons des murailles maritimes demeurent. Enfin, le Patriarche de l'Eglise orthodoxe et de la Nouvelle-Rome à son siège au Fener, à côté de l'église St-Georges.




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